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Construction de barrages hydroélectriques en Guinee : Amaria déclaré « Projet d’Intérêt National »

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Le paysage énergétique guinéen s’apprête à connaître une mutation profonde. Le projet de construction du barrage hydroélectrique d’Amaria, d’une capacité de 300 MW, bénéficie d’un nouveau cadre légal. À travers deux décrets rendus publics samedi 25 avril 2026, le Président de la République a “sanctuarisé” les zones d’implantation et de passage des infrastructures du barrage. ll a été déclaré Projet d’Intérêt National (PIN) et d’Utilité Publique (DUP). Dans le cadre de ce projet stratégique, 139 km² d’emprises seront sécurisées dans les régions de Kindia et Boké seront sécurisés.

L’article 1er du premier décret souligne que ce projet est déclaré Projet d’Intérêt National (PIN) conformément au Code de l’urbanisme. La décision couvre non seulement le site du barrage, mais aussi les corridors de transport d’énergie de 225 KV et 30 KV s’étendant sur les préfectures de Dubréka, Coyah, Boffa, Fria et Télémélé.

« Il est expressément prévu que la société TBEA Groupe Co. Ltd dispose à l’intérieur de ce périmètre d’un droit de préemption sur tout immeuble bâti ou non bâti faisant l’objet d’une aliénation volontaire à titre onéreux sous quelque forme que ce soit (…) Tous types de travaux, compris dans le périmètre d’opération, sont interdits sauf sur autorisation des autorités compétentes », souligne le décret.

Le périmètre de l’opération inclut notamment :

  • Le site du barrage et la zone inondée (côte maximale de 56,68 SMK).
  • Une ligne de 225 KV de 100,5 km reliant Amaria au poste de Bel Air (Boffa).
  • Une ligne de 225 KV de 85 km vers le poste de Manéah (Coyah).
  • Une ligne de 30 KV de 16 km pour desservir la préfecture de Fria.

Au total, la zone d’influence directe est estimée à 139,112 km². Le second décret, portant déclaration d’utilité publique (DUP), précise que ces zones sont désormais « propriétés de l’État » et mises à la disposition de la société partenaire pour la durée des travaux.

« Les occupants de ces zones seront déguerpis au fur et à mesure des besoins d’aménagement de la puissance publique et cela conformément aux droits applicables à la matière », précise le décret.

La validité de ce PIN est fixée à trois ans, renouvelable une fois. Durant cette période, les services des domaines et les notaires ont l’obligation d’informer toute partie contractante de ces restrictions, sous peine de nullité de plein droit des transactions immobilières.

Une dizaine de ministères, allant de l’Énergie à l’Environnement, en passant par l’Administration du territoire, sont chargés de veiller à l’application de ces décrets.

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