SAR et Sedin Engineering signent un accord pour une 2ème raffinerie et une usine pétrochimique au Sénégal
La Société Africaine de Raffinage (SAR) du Sénégal a signé un protocole d’accord avec Sedin Engineering, une filiale de China National Engineering, pour étudier la construction d’une deuxième raffinerie et d’une usine pétrochimique au Sénégal. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’ambitieux « Projet SAR 2.0 » de la RAS, qui vise à accroître la capacité de raffinage du pays et à stimuler le développement industriel.
Le projet, dévoilé lors du sommet Chine-Afrique, répond à la demande intérieure croissante du Sénégal en produits pétroliers raffinés, notamment à la lumière de l’exploitation récente du gisement pétrolier offshore de Sangomar. La première raffinerie de la SAR, située à Mbao, traite actuellement environ 1,5 million de tonnes par an. Toutefois, avec ce nouveau projet, la SAR espère étendre sa capacité à 5 millions de tonnes par an, afin de soutenir à la fois la consommation locale et les exportations vers les pays voisins d’Afrique de l’Ouest.
Outre le raffinage, le projet se concentrera sur la production de produits pétrochimiques, une démarche stratégique visant à se diversifier dans des produits à haute valeur ajoutée tels que les plastiques et les produits chimiques. Ce développement permettra non seulement d’accroître la sécurité énergétique au Sénégal, mais aussi de créer des emplois et de stimuler la croissance industrielle.

Les parties prenantes locales et les observateurs internationaux ont salué l’initiative, la considérant comme une étape cruciale vers le renforcement des capacités industrielles du Sénégal et la garantie de l’indépendance énergétique. La collaboration entre SAR et Sedin Engineering promet d’ouvrir une nouvelle ère de développement économique et de coopération internationale.
Ce partenariat entre SAR et Sedin Engineering marque une étape importante dans la marche du Sénégal vers l’indépendance énergétique et le développement industriel. L’expansion prévue vise non seulement à répondre à la demande locale et régionale, mais aussi à positionner le Sénégal comme un centre énergétique en plein essor en Afrique de l’Ouest. Alors que le monde est en pleine transition vers de nouveaux paradigmes énergétiques, ce projet peut également ouvrir la voie à de futures innovations et investissements dans le secteur de l’énergie de la région.
Avec le projet de la Sar 2.0, qui va raffiner tout le brut de Sangomar, la Société nationale de raffinage vise à assurer la souveraineté énergétique du pays et inonder même le marché régional. D’un coût estimatif de 5 milliards de dollars, soit environ 3000 milliards de francs Cfa, il va permettre aussi à la société de passer de 1000 milliards à 3000 milliards de Cfa de chiffre d’affaires. Avec l’Apix, la Sar continue à approfondir la réflexion pour sa concrétisation.
L’apport de l’Apix

Pour la Sar, qui fait un chiffre d’affaires de plus de 1000 milliards de francs Cfa, ce sera aussi un bond en avant. Même si le projet va nécessiter un financement de 5 milliards de dollars, soit environ 3000 milliards de francs Cfa. «On est en phase d’étude conceptuelle, l’étude de marché. Ce sera un marché très rentable, avec un retour sur investissements très intéressant. En 2025, nous allons approfondir avec l’étude d’avant-projet qui nous permettra d’affiner les données. Il y a énormément d’investisseurs parce que l’environnement des affaires est amélioré. Cela veut dire que l’Apix a fait un travail remarquable. On commence à voir les fruits de leurs actions pour vendre la destination du Sénégal. La Sar a un savoir-faire parce que nous avons l’unique raffinerie, les ressources humaines. Avec l’accompagnement de l’Etat, ce projet ne peut qu’attirer les investisseurs. Nous arriverons à 3000 milliards de chiffre d’affaire contre 1000 milliards de francs Cfa actuellement», ajoute le Directeur Général de la SAR, M. Mamadou Abib DIOP.
Aujourd’hui, la Sar 2.0 est encore en gestation, avec un site pour abriter ce projet. «Nous avons 5 à 6 options, mais il y a tout un choix de critères qu’il faut considérer pour faire le choix. Cette visite a permis d’établir un premier contact positif avec Apix Sa et d’ouvrir la voie à une collaboration future. Il est prévu très prochainement la mise en place d’un comité conjoint de suivi des recommandations issues de la séance de travail. Nous avons un cœur de métier : c’est le raffinage, c’est ce qu’on connaît. Avec un projet d’une telle dimension, il faut un apport de l’Apix qui a un savoir-faire dans la libération des emprises, la structuration du projet», renchérit M. Diop.
En écho, le Directeur général de l’Apix, Bakary Séga Bathily, insiste : «Nous sommes venus rencontrer la Sar pour voir leur pipeline de projets. Nous intervenons dans la libération des emprises, la structuration des projets et la recherche d’investisseurs. Il n’y a pas plus structurant et plus challenging que ce projet, parce qu’il nous permet de quitter le cap où on était importateur et dépendant du marché extérieur en termes de carburant et de produits dérivés, pour entrer dans l’ère de la souveraineté. Avec Sar 2.0, nous allons passer d’1, 5 million de tonnes de produits de carburant à 5, 5 millions de tonnes pour approvisionner le marché local qui connaît une croissance de 5%. On est aujourd’hui à 3 millions de tonnes de demande nationale et nous travaillons avec les pays limitrophes qui ont une forte demande.»
Le succès du « Projet SAR 2.0 » pourrait créer un précédent pour d’autres collaborations entre le Sénégal et des partenaires internationaux, alimentant à la fois la croissance économique et le progrès technologique.
