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La Chine possède une capacité unique à promouvoir le secteur de l’énergie verte en Afrique (Rapport)

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Les investissements de la Chine façonnent de manière significative le mix énergétique de l’Afrique et aident de nombreux pays à passer à l’électricité renouvelable.

En comparaison aux pays occidentaux, la Chine dispose d’atouts particuliers et considérables favorisant son rôle de catalyseur de la transition énergétique africaine. Selon le rapport Climate Collaboration in Multipolar Times, qui compare la coopération de l’Union européenne et de la Chine avec l’Afrique en matière de transition énergétique, l’engagement énergétique de l’empire du Milieu en Afrique se structure sur trois principaux axes qui font du pays un acteur incontournable de la transition sur le continent.

Tout d’abord, le rapport identifie la capacité de production d’énergie solaire et éolienne de la Chine qui en fait la source la plus importante de composants d’énergie verte. Ainsi rien qu’en 2023, l’Afrique du Sud aura importé 3,4 GW de panneaux solaires en provenance de Chine. Cela équivaut à environ 5 % de la capacité électrique totale installée du pays en 2022.

Cette capacité de production importante et à cout relativement bas fait que la Chine est présente sur plusieurs projets, même quand elle n’est pas directement impliquée. « L’ampleur de l’industrie solaire chinoise signifie que même dans les partenariats énergétiques qui n’incluent ostensiblement pas la Chine, il est difficile d’éviter les composants chinois, en particulier dans les environnements sensibles aux prix tels que l’Afrique ».

Le deuxième axe identifié est celui de l’importante part de marché des entreprises chinoises en Afrique. Les entreprises de construction chinoises sont en effet très présentes sur le continent africain. « Plus de 500 entreprises chinoises ont travaillé sur le continent et, sur la base des revenus des 250 premières, la part de marché des entrepreneurs chinois en Afrique est d’environ 61,9 % ».

Ces entreprises peuvent facilement diversifier leurs travaux, en passant de la construction des ponts et des hôpitaux, à la mise en place d’installations d’énergie renouvelable telles que des barrages hydroélectriques et des centrales solaires.

Le dernier pilier de l’engagement chinois dans le développement des énergies renouvelables en Afrique concerne le financement. Le rapport indique que les entreprises publiques chinoises entretiennent des relations étroites avec les banques chinoises ainsi qu’avec l’assureur public Sinosure.

Cela permet aux entrepreneurs de proposer aux pays bénéficiaires des projets sous forme d’offres globales, le financement et la passation de marchés étant convenus dans le cadre d’un processus efficace. Malgré les risques accrus de manque de supervision et de recherche de rente, le rapport note que « cette approche a permis de réduire la durée moyenne de mise en œuvre des projets chinois à trois ans, contre sept pour les projets de la Banque mondiale. »

Abdoullah Diop (Ecofin)

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